Il était une fois un ordinateur qui arriva dans une école et le fait passa ...inaperçu.
L'année d'après , avec la mise en place de sept autres postes , la péripétie se mua en petit événement pédagogique . Petit mais concret.
Cette concrétisation prit sa pleine place avec l'aide , fort avisée , d'une personne , non enseignante , mais pertinemment formée à l'utilisation de l'outil informatique .(D'où, mais c'est une toute autre question, la participation idoine d'un intervenant compétent).
La transition devient presque aisée pour souligner ici l'aspect humain.
Nous fûmes donc deux à nous atteler à cette double tâche : apprendre à nos élèves à se servir des rudiments de l'ordinateur (sans accès à internet alors) , et mettre l'utilisation de la machine au service des pratiques quotidiennes de la classe, en particulier , au début , en lecture et expression écrite (journal , correspondance et ...traitement de texte).
Aujourd'hui , l'ordinateur et internet sont présents , voire omni présents . Comme d'autres avancées technologiques et autres progrès matériels en leur temps, ils sont un but mais aussi un moyen novateur concourant ,avec maintes spécificités , à tenter de rendre les apprentissages plus efficients .
Pour cela le maître , à qui on demandera d'adapter ses démarches mais à qui on proposera des formations , demeure l'organe essentiel de ce travail.
Nulle nouveauté technologique et professionnelle , aussi séduisante soit-elle, ne saurait prendra sa place .
Dans les écoles , faisant fi des modes et des climats ambiants, doit prévaloir "l'humain d'abord". Slogan politique , oui , mais l' activité humaine ne saurait voir sa matière première diminuer , bien au contraire ...
Lors des rentrées , les parents d'élèves mécontents (bien souvent avec raison) ne réclament pas des ordinateurs mais des maîtres et des maîtresses...
"On peut rendre un enfant heureux avec un bâton de craie et un morceau de tableau" me dit un jour un inspecteur . Ce "morceau de tableau" peut désormais être numérique mais il faudra toujours un maître de qualité et/ou une maîtresse compétente pour tenter de rendre cet élève "heureux".
Et un élève "heureux" est aussi un élève attentif...Mais cela est un autre débat.

Un ordinateur tout de même .
La crise sanitaire que nous subissons depuis un an a des conséquences sur le fonctionnement de tout le système scolaire . Les écoles ont subi une longue et définitive fermeture lors de l'année scolaire 2019-2020 et cette session a été close en mars.
Le présent exercice se déroule , sans entrer dans les détails , dans des conditions où l'incertitude préside .
Pour pallier à la fermeture totale ou partielle des établissements on a donc mis en place le télé-enseignement , variante pédagogique du télé-travail. L'enseignement s'est donc fait à distance au moyen d'internet rompant , assez brutalement , avec le système traditionnel de la classe avec des élèves et un maître ou une maîtresse .
Exit donc "l'humain d'abord", la présence et le travail de l'adulte et la présence et le travail d'un jeune auditoire lui-même dans un processus de mutualisation et de socialisation que l'on souhaite le plus efficient possible . Cet aspect des choses est le ciment même de l'école , de son rôle et de son but ...
Si les technologies modernes ont pris une place prépondérante , utile , peut-être indispensable en certains cas, et de toute manière justifiée ,et si dans la crise elles ont bien servi , on ne saurait oublier qu'elles sont, en matière de pédagogie , une aide et non un but en soi.
On peut craindre , sans sombrer dans la paranoïa , que ce ne soit le rêve caressé pas d'aucuns qui songeraient à vider nos écoles qui nous coûtent , disent-ils , si cher.
On regrettera aussi , qu'au printemps dernier ,dans notre région , des responsables politiques aient milité pour la réouverture des commerces balnéaires et aient décidé de fermer des collèges et lycées ...