Quel est l'enseignant du primaire qui n'a pas été confronté un jour , même très exceptionnellement, au délicat problème du redoublement , désormais appelé "maintien".
C'est délicat , bien entendu , car au-delà de l'aspect purement scolaire il y a tout de même une connotation humaine . Ce n'est jamais agréable de dire à enfant qu'il ne va pas aller avec ses camarades dans la classe supérieure.Et il faut aussi tenter de faire admettre le fait aux parents...
Cet situation est probablement une des causes de la diminution du maintien ,encore considéré comme un moyen d'aide à des élèves en difficulté .
Selon une statistique qui date un peu (on publiera la référence) , 1 élève sur 5 doublerait en primaire et 14 % des élèves intégreraient la classe de 6ème avec une année de retard.
Lors de la décennie 1990 , les redoublements auraient augmenté au CE1 et au CM2 (fin de cycle) et seraient restés stables au CE2 et CM1 (en cours de cycle).
Des études réalisées au sein des collèges ne font pas état d'améliorations notables pour les ex-redoublants du primaire ... En somme , leur situation scolaire ne s'est pas améliorée .
Bon nombre d'enseignants demeurent favorables au redoublement , ils pensent qu'il faut donner une chance supplémentaire à l'élève concerné et se déterminent bien souvent en fonction du profil avec notamment des considérations d'environnement familial et social.
Quelle est la réalité du redoublement?
On peut se demander si la démarche est équitable (elle devrait l'être dans une école publique) dans la mesure où elle implique directement et fortement l'intervention des familles. Il n'est pas rare que les propositions des enseignants et des conseils des maîtres soient discutées et même franchement contestées par les familles .
On connait la phrase traditionnelle : "On va le (ou la) faire travailler pendant l'été", destinée à contrecarrer les propositions de l'institution et à éviter le maintien à l'élève visé . On est nous semble--il dans ce cas dans une forme d'illusion mais la question de l'utilité et de l'efficacité du redoublement peut effectivement être posée .
Le maintien a , en outre , une image défavorable, on juge plus sévèrement les élèves qui ont un an de retard, le redoublement ne leur ayant pas apporté l'aide et les progrès escomptés.
Le maintien devient peut-être une mesure exceptionnelle .Il se présente sans doute comme plus l'indicateur d'un niveau insuffisant qu'un remède salvateur.
La mise en place de mesures individualisées et un travail d'adaptation et d'aménagement au sein du dispositif des cycles (probablement sous employé) sont préférables . Mais il est vrai que leur mise en oeuvre concrète n'est pas aisée.