Apprentissages disciplinaires et acquisitions culturelles ...Les uns sont prioritaires , les autres sont , même à ce moment , fort importantes. Dans quelle mesure , dans quelles circonstances au sein de quelles démarches les deux ambitions peuvent-elles , doivent-elles , cohabiter pour faire prospérer une cause commune ?
Selon les bons dictionnaires , l'instruction est une action :celle d'apporter quelque chose à quelqu'un , mais aussi celle que ce quelqu'un peut tenter de s'approprier par lui-même.
Elle devient un état , en s'instruisant on devient instruit .
Et le bon dictionnaire d'ajouter que cette instruction , dynamique devenue statique , apprend ce qui est "indispensable".
Dans un projet où il faut apprendre à lire , à écrire et à compter , quelque soit la démarche utilisée. Et c'est beaucoup , c'est fondamental. C'est la priorité.
Et la culture ? Faisons à nouveau confiance aux dictionnaires pour en extraire une définition qui , à dire le vrai , nous parait plaisante et réaliste : ensemble des connaissances acquises qui permet de développer le sens critique , le goût , le jugement .
Nous voilà en présence de concepts ambitieux quand on s'adresse à des enfants. Mais l'Ecole doit aussi être ambitieuse , y compris dans ses actes quotidiens , raisonnablement ambitieuse, mais les maîtresses et maîtres du premier degré ne doivent jamais hésiter à aller un peu plus loin, à faire un peu plus, différemment, à s'aventurer parfois dans des chemins moins conventionnels.
Et la transition entre instruction et culture est sans doute un de ces chemins . L'acquisition de connaissances rationnelles et accessibles , mais indispensables à ce niveau ,doit susciter le désir et le besoin d'approfondir d'autres horizons plus précis, plus spécialisés , plus techniques peut-être, mais aussi très gratifiants. En même temps , ces connaissances et compétences acquises dans un quotidien scolaire parfois assez dru sont un viatique pour accéder à progressivement ,sans objectifs encyclopédiques , à d'autres savoirs ...